Histoires d’identités, de guerres, d’immigrations et de traumas transgénérationnels
Résumé
Si l’immigration peut correspondre à une quête face à des vécus potentiellement traumatiques qui ont lacéré le lien de la personne à son pays d’origine, le besoin d’intégration, de conformité, d’adhésion au pays d’accueil que je relevais chez différents patients en thérapie, originaires du Liban, de la Syrie et de pays d’Afrique du Nord, a été aussitôt catapulté et remis en question par l’éclatement de la guerre au Proche-Orient, en octobre 2023. Le « chaos psychique », « leur monde désormais troué par l’abîme traumatique » (Saglio-Yatzimirsky, 2023, p. 40-41) engendré par la guerre qui frappe les leurs a provoqué en eux une sorte de rupture du lien social avec des amis, des collègues, des professeurs d’université vécus alors comme insensibles, qualifiés de « blancs », dans un monde devenu extrêmement polarisé, binaire, pulsionnel. Les « identités meurtrières » (Maalouf, 1998), les personnes et lieux menacés d’effacement (Altounian, 2019) seraient venus réactiver, de part et d’autre, des traumatismes transgénérationnels, individuels et collectifs, d’histoires de guerres, d’occupations, d’Holocauste, de massacres, de Nakba et de déplacements de populations qui ont marqué les xxe et xxie siècles. L’article examine aussi l’importance du processus psychanalytique dans l’accompagnement des traumatismes enkystés dans les vécus individuels et collectifs.





