L’art de penser et la quête de la sagesse, terrains privilégiés des philosophes, passent souvent de nos jours par la psychanalyse. Mais celle-ci l’aborde à sa façon : par le travail du négatif, à travers le désir du rêve et du fantasme, et grâce à la capacité de contenance, pour différer la décharge et l’action. Depuis les confins de l’informe, étudiés par Winnicott et d’autres analystes pour la prise en charge des cas difficiles (psychosomatiques, psychoses, états-limites), la représentation parvient à s’élaborer en choses et en mots, puis à construire une vraie pensée grâce aux mécanismes du rêve et de figuration, pour parvenir enfin à la création sociale d’une pensée sublimée, voire artistique.

L’auteur propose une réflexion sur les supervisions telles qu’elles trouvent place dans le cursus de formation de l’Institut psychanalytique de Paris (SPP), et, diversement, ailleurs depuis 1920 à l’Institut de Berlin. Elles aboutissent à l’habilitation ou non de l’analyste en formation lors des réunions dites de fin de cursus. L’expérience de la supervision comporte des contradictions qui lui sont inhérentes et de multiples enjeux. Elle peut être considérée comme un processus qui a des étapes différentes d’un cas à l’autre et des effets négatifs possibles. Elle a pour finalité l’appropriation de la fonction analytique dans la quête de vérité qui définit l’éthique de la psychanalyse.