La rencontre avec « l’autre étranger » suscite souvent des réactions qui, en clinique, peuvent se manifester au travers de ce qu’on appelle le contre-transfert culturel. Le présent article a pour objectif d’identifier quelques formes de contre-transfert culturel fréquemment représentées chez les participants de cette recherche (sept psychologues d’approche psychodynamique) et porte spécifiquement sur ses formes les plus conflictuelles, voire potentiellement problématiques. Les participants ont été rencontrés à deux reprises. Lors de la première entrevue, il leur a été demandé de commenter des dessins d’enfants de différentes origines. Lors de la suivante, ils ont été questionnés sur leur pratique en situation interculturelle. L’analyse qualitative des données a mené à l’identification de trois formes de contre-transfert culturel : la réticence à considérer l’origine des patients, le malaise autour des inégalités ethno-raciales et un ressenti de colère ou le sentiment d’être heurté par certaines attitudes de patients appartenant à une minorité culturelle. Des hypothèses explicatives de ces résultats et une réflexion sur les conditions permettant de dépasser certaines formes de contre-transfert culturel plus problématiques sont proposées dans la discussion.

Cette recherche vise à repérer les motifs inconscients qui président à la stérilisation volontaire chez des femmes nullipares. Nous avons rencontré une jeune femme qui a accepté de mettre au travail son récit de vie et particulièrement de se focaliser sur son « non-désir » d’enfant dans le cadre d’entretiens cliniques, complétés par une passation d’épreuve projective thématique : le TAT. L’analyse des données cliniques révèle une difficulté à s’identifier à une imago maternelle procréatrice, en raison de l’impossibilité de manier ses pulsions agressives pour s’affranchir de la matrice maternelle. Se révèle également une difficulté à accepter la passivité, composante essentielle de la psychosexualité féminine. De même, la relation au masculin est libidinalement peu investie, ce qui contrarie l’opération de séparation d’avec la mère.

Les auteures évoquent les résultats d’une recherche académique sur les conséquences des remaniements psychiques induits par la grossesse sur la problématique addictive. À partir de données issues d’entretiens et de tests de Rorschach auprès de femmes toxicomanes enceintes, elles mettent en évidence en quoi les bouleversements psychodynamiques induits par la grossesse permettent une relance des impasses psychiques en jeu dans l’addiction. Elles confirment les donn.es de la littérature sur le potentiel transformatif de la grossesse psychique sur la problématique addictive, mais soulignent que ce potentiel n’est pas équivalent pour toutes les femmes, qu’il n’est pas lin.aire et reste tr.s fragile

À partir d’un cas clinique, les auteures reprennent les principaux apports théoriques qui traitent des stérilités et de la conception. Les enjeux psychiques qui entravent l’aboutissement d’une grossesse sont explorés, ainsi que leurs liens avec les dysfonctionnements organiques. Le cas met en lumière la complexité et la singularité de la manière dont le corps et le psychisme sont liés dans l’expression d’une conflictualité relative à une grossesse impensable et impossible.

Les enfants adoptés à l’international sont confrontés à de nombreuses inconnues en ce qui a trait à leur histoire et tout particulièrement à leur filiation. Ils doivent alors avoir davantage recours à leur imagination et à une fantasmatique intérieure afin de construire leur identité. La présente étude a pour but de mettre en lumière quelle fonction occupe la famille biologique dans l’économie psychique des adolescents adoptés à l’international. Des entrevues semi-structurées ont été menées auprès de 13 adolescents adoptés de pays d’Asie. L’analyse thématique de ces données indique que, grâce à la fantasmatique développée autour de la famille d’origine, les jeunes adoptés à l’international parviennent à se renarcissiser devant les écueils, le non-dit et l’absence d’information vis-à-vis leur filiation d’origine et les circonstances entourant leur adoption. Les implications cliniques sont discutées et des recommandations sont formulées.

Cet article porte sur l’interprétation, processus au cœur de l’activité aussi bien de l’interprète communautaire que du thérapeute d’approche analytique. Chacun agit selon une démarche particulière, sur une base de référents théoriques et techniques propres à sa profession ou à sa fonction ; et tous deux reçoivent un ensemble d’informations qu’ils doivent comprendre, transformer et transmettre à nouveau. Cependant, ni l’un ni l’autre ne se positionne comme simple passeur d’information, mais bien comme interlocuteur à part entière dans un dialogue à trois, participant à la construction d’une intercompréhension. Les auteurs passent en revue des notions clés de la thérapie analytique, comme la neutralité, le transfert et le contre-transfert, qui doivent être repensées dans le cas où un interprète communautaire est nécessaire pour établir le dialogue. Il apparaît qu’interprète et thérapeute doivent se questionner sur la place à accorder à la neutralité et à leur propre subjectivité dans la communication, en fonction des objectifs thérapeutiques.