La symbolisation est la conséquence d’un fait anthropologique : la paternité n’est pas une certitude spontanée, elle est produite par la pensée, contrairement à la maternité qui s’inscrit dans l’expérience sensible. Le « père de l’Œdipe » n’est donc ni le « bon éducateur » ni le « chef », mais celui qui prend sens comme père pour l’enfant, et le fait entrer dans le registre de la signification et du langage en y incorporant le désir et la loi. Le déclin de la fonction paternelle ou son absence engendre la production archaïque de « père imaginaire » mais aussi la détresse d’un psychisme orphelin à vif, qui, ne pouvant plus compter que sur lui-même, se trouve meurtri du dedans par la pulsion comme du dehors par le réel. Cet état, associé à l’absence de tiers et à la jouissance sans limite entre- tenues par le social, conditionne les formes perverses de toute-puissance et de violence, véritables défenses contre la psychose.

Dans cet essai, l’auteur établit un parallélisme entre d’une part, la naissance de la philosophie comme discipline et l’importance que la relation Platon-Socrate y a jouée et, d’autre part, la naissance de la psychanalyse et la relation amoureuse (transfert) que fut celle de Freud à l’égard de Fliess. Ce faisant, il nous convie à une lecture attentive et renouvelée de leur célèbre correspondance et du Banquet de Platon.

 

Avant tout, Nelly Arcan fut une écrivaine. Malheureusement, le personnage public a pris une telle place qu’il en est venu à être pratiquement le seul foyer d’attention des lecteurs. Mais l’œuvre continue de creuser un sillon dans l’insu de la différence sexuelle dans ce qu’elle a de traumatique. Les narratrices de ses textes jouent de la proximité et de l’éloignement les plus grands qui soient entre les corps, nous obligeant à repenser l’œdipe à une époque où les technologies sont en passe de mettre sous tension les certitudes cliniques et théoriques de la psychanalyse, avec des concepts et des catégories qui semblaient assurées. L’œuvre de Nelly Arcan, plongeant dans nos histoires les plus archaïques, ouvre ainsi la dimension de l’hétéro-narcissisme.

 

Le projet d’une troisième topique permet de pallier aux insuffisances de la métapsychologie freudienne, soit le manque d’importance accordée à la réponse de l’objet dans la constitution du psychisme humain. Elle permet aussi de déterminer les conditions de passage de l’unité duelle primordiale à l’unité individuelle intrapsychique, et l’avènement d’un espace dit transitionnel, déjà élaboré par Winnicott. Espace transitionnel, lieu de la naissance du sujet qui nous fera évoquer les pathologies du transitionnel ou des problématiques narcissiques identitaires. La troisième topique est donc abordée ici comme un outil qui permet d’élaborer une métapsychologie de l’espace, ainsi que de conceptualiser la clinique des états limites qui interroge la méthode psychanalytique quant à ses fondements. Nous revisiterons les concepts clé utilisés par Reid, tel que le Soi, l’hallucinatoire, le travail du Négatif et la transitionnalité. Pour éclairer notre parcours dans cet espace créé/découvert par Winnicott, nous nous servirons aussi des lumières de Pontalis, Ogden et quelques autres.

Ce texte aborde de façon métaphorique la notion de préconscient en tant que « zone intermédiaire », et le rôle de cette instance dans le fonctionnement de l’appareil psychique. Un cas de figure tiré de l’histoire contemporaine et la référence à une facette de la société technologique actuelle, permettent d’illustrer la résistance de plusieurs à l’égard de cette zone claire-obscure de la psyché. La psychothérapie psychanalytique de groupe est évoquée comme moyen privilégié d’approcher l’« humide ».

Le sujet psychotique dont le délire est à fleur de peau ne formule pas la demande que s’opère chez lui une transformation. Celle-ci s’avère d’autant plus menaçante pour le Moi fragile qu’elle n’est tout simplement pas mentalisable lorsque prédomine l’oralité au sein du fonctionnement psychique. Fondé sur des observations cliniques, cet article situe les modalités manger/être mangé dans le contexte de l’intervention auprès de patients psychotiques adultes. L’incorporation du sujet au sein d’un espace symbiotique, puis transitionnel, est comprise comme préalable au processus d’individuation.