Chapeauté par l’Association des psychothérapeutes psychanalytiques du Québec depuis 2001, le cinéclub « psy » est depuis sa fondation l’occasion d’une réflexion sur les notions et le cadre psychanalytiques, le cinéma et les rapports de continuité ou de rupture entre les deux. Cet article cherche à explorer deux dimensions qui paraissent lier psychanalyse et cinéma, à savoir le rêve et le montage. D’une part en effet, contrairement à l’idée selon laquelle le cinéma est aliénant et constitue « le divan du pauvre », on peut faire le pari que quelque chose du travail de l’inconscient se met en marche en raison de la parenté entre film et rêve. D’autre part, on peut aussi voir un rapprochement entre cinéma et psychanalyse à travers le thème de la construction-reconstruction analytique, qui procède par choix, coupes et arrangements, caractéristiques du montage. Qu’elles soient rigoureusement psychanalytiques ou non, ces soirées inaugurées il y a 15 ans ont été et continuent d’être un vecteur de réflexion, de recherche et de découvertes.

En quittant sa terre natale pour poser ses pas sur le sol d’un pays étranger, le sujet se trouve fragilisé. Le regard que les autochtones portent sur lui induit une impression d’inquiétante étrangeté. En appui sur l’illustration fournie par la nouvelle Amok de Stefan Zweig (1922), cet article décrit comment les bouleversements engendrés par la migration induisent un affaissement du Moi. Les auteurs montrent qu’en s’éloignant de ses repères, les assises narcissiques de l’individu se fragilisent, au point de vivre parfois une expérience de persécution.

Cet article vise à présenter les perspectives cliniques de quatre psychanalystes : Paula Heimann, Margaret Little, Annie Reich et Lucia Tower. À la même époque, elles se sont chacune prononcées sur la position de l’analyste à travers le concept de contre-transfert. Leur approche de travail, leur point de vue et leurs techniques sont aujourd’hui non seulement largement appliqués dans les psychanalyses de type psychothérapeutique, mais aussi adoptés comme ligne axiale dans les approches psychanalytiques de patients n’appartenant pas à la catégorie de la névrose «classique». Bien qu’elles proviennent d’horizons théoriques différents, elles se rejoignent audacieusement sur une même idée : le contre-transfert est l’une des conditions nécessaires à la relation analytique et peut même devenir un outil précieux pour explorer l’inconscient de l’analysé. Ceci, naturellement, ne va pas sans risques. S’agirait-il d’approches caractérisant une position inconsciente féminine ? En mobilisant leurs propres possibilités émotionnelles d’« écoute », en s’appuyant sur leur propre inconscient et en conversant avec l’autre non névrotique de manière novatrice, elles ont essayé d’expérimenter d’autres formes de connexion avec l’autre de souffrance qu’est leur analysant.

L’adolescent en souffrance rejoue et diffracte sur l’institution des modalités de liens spécifiques à sa famille interne. Si l’on considère que les groupes internes désignent des schèmes de relations d’objet intériorisés, inhérentes au groupe primaire, l’on peut alors considérer que les groupes externes peuvent être utilisés comme autant de scènes qui permettent de les réactiver. La prise en compte de la manière dont l’adolescent entre en lien avec l’institution pourra éclairer le soignant sur la manière dont il signifie son mal-être en deçà des mots, et dont il rejoue des liens familiaux anciens. Mailler des liens autour de l’adolescent, sur le mode d’une enveloppe familiale contenante, lui permet de reconstruire des imagos familiales satisfaisantes et peu à peu de se différencier et de s’individuer.

Dans le précédent numéro, une première partie présentait les théorisations successives de Freud sur le narcissisme et celles plus contemporaines de Kernberg. Dans cette seconde partie, plus clinique, l’auteur tente de démontrer un continuum entre le narcissisme normal et pathologique, d’expliquer les pathologies du narcissisme et le fonctionnement mental conséquent selon la sévérité des pathologies et des régressions. Il aborde aussi les problématiques suscitées dans les relations transféro-contre-transférentielles.

Dans ce texte, premier de deux volets sur la question du narcissisme, l’auteur témoigne de réflexions élaborées tout au long de son parcours clinique sur les pathologies de la personnalité narcissique et sur la nécessité de prendre en compte les difficultés défiant dans ce contexte, les méthodes de psychothérapie. Ce premier volet est consacré à la métapsychologie du narcissisme, telle qu’élaborée d’abord par Freud, puis à la lumière de contributions contemporaines dont celle de Kernberg en particulier. L’auteur souligne la pertinence d’envisager également le narcissisme dans ses dimensions saines et nécessaires à la vie psychique.