Identités, Qui suis-je? – Deuxième partie

Mar 22, 2018 Sophie Gilbert

Volume 28 Partie 2

Ce numéro de Filigrane comporte la seconde partie du dossier « Identités2 Qui suis-je ? ». Y apparaissent des textes qui offrent des points de vue inusités sur la vaste et controversée question du genre. Ces articles sont signés par...
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Ce numéro de Filigrane comporte la seconde partie du dossier « Identités2 Qui suis-je ? ». Y apparaissent des textes qui offrent des points de vue inusités sur la vaste et controversée question du genre. Ces articles sont signés par des auteurs qui, à partir de leur pratique clinique, ont poussé la réflexion plus loin que la tentative de théorisation à partir des repères classiques  psychanalytiques à ce niveau.

D’abord, Nicolas Evzonas évoque certains enjeux du contre-transfert dans la rencontre avec des patients trans. Au-delà de l’expérience sing lière de la dyade analytique se dévoile, en arrière-plan, le contexte socio- culturel, voire politique qui tend à teinter, malgré lui, le regard du clinicien d’aujourd’hui.

Guillemine Chaudoye aborde quant à elle la question de l’identité, en lien avec un dispositif sans doute trop peu souvent utilisée : le psychodrame. Le lecteur y découvre notamment la fertilité de cette pratique médiatisée, qui interpelle le corps et la fantasmatique qui s’y rattache, dans un cas où le patient est atteint du VIH.

Par une lecture attentive de la littérature psychanalytique sur les transitions de genre, Fanny Chevalier élabore ensuite des hypothèses relatives au peu d’attention dont a bénéficié la transition female-to-male, en comparai- son à la transition male-to-female. La psychanalyse serait-elle genrée ? Il n’est pas anodin, justement, que le cas présenté par Stefano Monzani témoigne de la dysphorie de genre à la lumière du féminin et du maternel, en plus de la relation primitive mère-enfant.

Bref, ce dossier se conclut non seulement sur des élaborations théorico- cliniques fertiles pour la clinique, mais aussi, des questionnements nouveaux, à poursuivre, dans la visée d’une psychanalyse toujours davantage connectée sur les sociétés, les cultures, l’actualité clinique et sociétale.

Dans un second temps, ce numéro nous ramène avec grand plaisir la tribune « Entrevues ». Wilfrid Reid – qui nous avait offert en 2008 deux riches textes sur ses récentes élaborations théoriques – dévoile généreusement son parcours, au micro de Pierre Joly. Dans cet article issu de l’entretien initial, les repères théoriques chers à ce grand psychanalyste sont articulés avec sa trajectoire unique de formation, d’expériences cliniques, d’élaborations théoriques et d’écriture.

La rubrique «Hétéros» donne la voix à une diversité d’auteurs. Wael Garnaoui y aborde une réalité peu connue, en particulier du point de vue psychanalytique : celle des Hargas, dont il questionne la complexité du lien à la figure maternelle. Cet article propose un heureux métissage entre enjeux culturels et développement psychique.

Les deux articles suivants démontrent une fois de plus la valeur heuristique des études de cas cliniques. Martin Gauthier illustre par les aléas de la rencontre intersubjective dans la cure, l’impact des nouvelles technologies sur l’espace de la rencontre, ou en d’autres termes, sur l’espace psy- chique intérieur tel qu’il se noue avec l’espace relationnel thérapeutique. Finalement, le texte d’Anne Boisseuil nous ramène à interroger le féminin et le maternel, sous l’angle singulier de l’interférence de la grossesse de la thérapeute dans le suivi d’une jeune fille et de sa mère.

Ce numéro se conclut avec deux articles de la rubrique «Psychanalyse à l’université ». Un premier article signé par David Smolak et Louis Brunet, aborde une recherche menée auprès d’aidants humanitaires, en mettant de l’avant l’importance d’un cadre métacontenant propre à l’élaboration par ceux-ci des traumatismes auxquels ils sont confrontés. Pour conclure ce numéro, dans un style bien personnel, Eveline Gagnon relate sa démarche de recherche qualitative, où elle a su intégrer une perspective psychanalytique originale, et procéder de la métaphore à la théorisation du Soi.

S’il y a un fil conducteur à l’ensemble de ce numéro pourtant varié, c’est bien la question de l’enjeu essentiellement humain de la différenciation (pour être, pour se construire une identité propre, un Soi, un espace…), et ce faisant, du maternel ; en ce sens, oui, la psychanalyse serait genrée, mais n’est-ce pas là tout un pan de son humanité profonde ?

Sophie Gilbert
Rédactrice en chef

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