«Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur [nos] têtes ? » *

Caractéristiques de notre époque, l’image immédiate, l’idée du village planétaire et la vision médiatique et mondialisée de notre environnement nous rendent de plus en plus mêlés au monde, au point que ici et là-bas s’interpénètrent et se contaminent. Dans ce monde, la violence externe est prégnante, mais elle fait peut-être écho à une violence interne. Dans ce registre, les cliniciens sont de plus en plus confrontés à des questions inédites dont il s’agit d’élaborer le sens, car le plus souvent la violence anéantit le recours à l’autre, tant le contexte traumatique s’impose massivement. À cet égard, dans la clinique des traumatismes intentionnels, il ne s’agit plus simplement d’aider le patient à subjectiver une expérience non intégrée, mais de construire avec ce dernier la manière dont il a été pensé et agi par son agresseur. Cela suppose enfin une préoccupation citoyenne chez le clinicien.

* Racine. Andromaque. Acte V, scène 5.